Les transports: ma passion 10.

Dès mon arrivée à Seyssel chez mon cousin Alban Coissard, j’ai de suite compris que cela me serait mentalement bénéfique car je « retombais » dans un domaine que grâce à mon Père je connaissais bien puisque l’Entreprise Coissard avait comme objet commercial, l’exploitation de carrières, les transports de marchandises et voyageurs, sans oublier le garage et la station Esso.

Détail important, la carrière du Val de Fier étant beaucoup moins grande qu’aujourd’hui était équipée d’une installation de concassage strictement identique à celle que mon Père avait installée, je suppose en la copiant, à Saint-Jorioz. A titre de comparaison, nous produisions en moyenne 30 M3 jour, l’équivalent de la capacité de 2 semi- remorques à ce jour!! Cette production était suffisante pour les livraisons de matériaux destinés aux communes du Pays de Seyssel et qui serait guère plus importante de nos jours.

A cette époque, mon cousin subissait des pressions régulières dans le but d’arrêter cette petite exploitation sous prétexte de sauvegarde du site du Val de Fier mais lorsque que l’on voit, depuis quelques années cette extraction « pharaonique »……. l’on peut se poser quelques questions! Le comble dans cette histoire est le fait que les matériaux concassés son « exportés » pour environ 95 % hors du pays de Seyssel!!

J’étais à cette époque élève interne au Collège Technique et Moderne ( rebaptisé depuis Lycée Lycée Germain Sommeiller) à Annecy. Je n’étais pas trop mauvais élève au début mais par la suite, préférant la vie active, ( je dessinais des camions et des pelles mécaniques pendant les cours) mes études se sont terminées dès l’obtention de mon CAP de tourneur.

Bonne soirée et à demain…

Les transports: ma passion 9.

Ces deux derniers jours je vous ai relaté cette effroyable période allant du 10 au 25 Avril 1955 qui a « cassé » cette belle unité familiale car chacun de nous cinq a dû trouver des solutions.

Je n’ai pas été le plus mal loti puisque une fois encore l’esprit de famille a été au rendez-vous car, dès après, avec ma soeur Marie, nous avons été invités à passer 8 jours chez nos cousins Albert et Céleste Veyrat ici à Seyssel, ma cousine Céleste étant la fille de mon Grand-oncle Jules Coissard, frère de ma Grand- mère paternelle, qui repose à Saint-Jorioz aux côtés de mon Grand-père.

Pendant ce séjour, nous avons été invités, en compagnie de Maman chez Alban et Angèle, fils lui aussi de Jules et il nous a gentiment proposé que je vienne à chaque vacances chez lui. Alban ayant les mêmes qualités que mon Père avec qui il était d’ailleurs très copain, nous avons accepté et petit à petit je venais chez lui jusqu’au jour où j’y suis resté à temps complet.

Depuis ce triste 10 Avril, j’avais parait il perdu le sourire mais cette période que je continuerai à décrire m’a permis peu à peu de le retrouver et vous comprendrez aisément pourquoi……...

Les transports: ma passion 8.

Après ce drame du 10 Avril 1955, courageusement, ma Mère, mon Oncle Gaston et mes deux soeurs Ginette et Marie ont décidé de poursuivre l’exploitation de cette meunerie-boulangerie.

Pour cela, il fallait trouver un ouvrier meunier et donc monsieur Gonthier de Bellecombe en Beauges est venu se joindre à ma famille afin de s’occuper du moulin.

Le 24 avril il était allé à la coopérative de blé de La Balme de Sillingy au volant nôtre camion afin de prendre une livraison de blé et donc au soir du 24, le moulin pouvait continuer à moudre.

Mais voilà, aux premières heures du 25 Avril, le moulin, la boulangerie et bien sûr nôtre logement étaient entièrement ravagés et détruits par un violent incendie.

J’avais donc 10 ans et 65 ans plus tard, je me demande toujours pourquoi le sort peut « massacrer », en 15 jours toute une famille!!!

Je terminerai ce jour par un clin d’oeil à la mémoire de Monsieur Louis Mazzia instituteur, un homme ferme mais juste qui est venu à la maison quelques jours après pour me « consoler » de la perte de mes affaires d’école en m’affirmant qu’il les remplacerait; une superbe démarche pour le gamin que j’étais.

Nôtre classe et Monsieur Louis Mazzia .

Les transports: ma passion 7.

Le 9 Avril 1955, en cette veille de Pâques, lorsque, accompagné de ma soeur Marie, je me suis rendu à l’église où pour la première fois je tenais le rôle d’enfant de choeur lors de la messe de minuit, j’ai quitté le fournil de la boulangerie dans lequel mon Père était entrain de surveiller la cuisson de gâteaux « St-Genis » (les fameux gâteaux aux pralines) dont il avait secret de fabrication, y incluant une pointe de safran.

Malheureusement, à nôtre retour, un médecin venu d’Annecy, était à son chevet mais n’a rien pu faire pour le sauver. Il est donc décédé d’un AVC, à cette époque on appelait cela « une attaque », terme vraiment approprié, aux premières heures de ce 10 Avril 1955 et donc jour de Pâques.

Inutile de préciser que depuis cette date, Pâques n’est plus un jour de fête car je n’ai jamais pu admettre ce que je considère comme la pire injustice envers cet HOMME Juste, Travailleur et plein de Bonté.

Parmi la nombreuse et émue foule le jour de sa sépulture, Monsieur le Curé Bouvet qui faisait partie de ses amis avait les larmes aux yeux et pourtant, mon Père ne fréquentait pas les églises.

PAPA, je ne peux pas parler de toi au passé et tu resteras jusqu’à mon dernier souffle mon modèle et mon guide car une bonne partie de mon coeur (du moins ce qu’il en reste) t’est réservée.

Ton gamin.

Les transports: ma passion 6.

En 1954, il a été proposé à mes parents la reprise, en location, d’une minoterie-boulangerie, toujours à Saint-Jorioz, au hameau de Monnetier, mon Père étant meunier et mon Oncle Gaston boulanger-pâtissier de métier, avec l’aide de deux de mes soeurs Ginette et Marie, ils ont donc accepté.

Mon Père a entreprit la remise en état du moulin, à l’arrêt à cette époque, lui aussi mue par une roue à aube, ainsi que le « rafraîchissement » de la boulangerie, du magasin de vente et de l’appartement.

Après acquisition d’un Tub Citroen, mes deux soeurs au volant duquel elles effectuaient en sillonnant ainsi les communes de Saint-Jorioz, Saint-Eustache et Leschaux , les tournées destinées de livraisons quotidiennes de pain aux particuliers. Ici aussi un ingénieux système d’échange de paiement par compensation aux nombreux agriculteurs fournisseurs en blé du moulin, évitait les nombreux règlements en espèces.

Toute la famille était donc occupée par ce « renouveau », Maman, en dehors de ses tâches ménagères servait les clients au magasin…..mais voilà, c’était trop beau….

Bonne soirée, et demain, si j’en ai le courage, je vous raconterai la triste suite.

Les transports: ma passion 5

Après avoir cassé manuellement la roche de sa carrière, mon Père, toujours avec ingéniosité, avait équipé d’un concasseur la partie libre du bâtiment abritant son moulin conservé en état de marche. Dans cette partie se trouvait la roue à aube qui dès lors entraînait aussi ce concasseur.

Il avait aussi créer le silo de stockage des matériaux concassés sur la partie supérieure et ceci en partie avec des bois d’épicéas abattus sur la partie non exploitée du terrain de la carrière.

Petite anecdote: un jour, après avoir ouvert l’arrivée d’eau du canal qui alimentait la roue à aube, j’avais mis en action le concasseur et avais commencé à l’alimenter en cailloux à la main…j’avais 8 ans!! Inutile de préciser le résultat si j’avais glisser dans le concasseur..Dès qu’il avait entendu le bruit de concassage, mon Père était accouru et après avoir tout stoppé m’avait fermement mais avec sa malice légendaire « remonter les bretelles ». Je l’avais bien mérité, mais dès le lendemain, il était tout fier de raconter à ses copains « vous avez vu ce qu’il a fait mon gamin ».

Et oui, ce sont les petites choses de la vie qu’il fait bon raconter lorsque cela se termine bien.

Allez, bonne soirée et à demain..si vous le voulez bien…

Les transports: ma passion 4

Les petits moulins ayant peu à peu disparus au profit de ceux, plus importants à Annecy notamment, mon Père s’était reconverti en ouvrant et exploitant une carrière en roche très dure, du porphyre pour les connaisseurs. Elle était située de part et d’autre de la route Départementale conduisant au Col de Leschaux et donc à la commune du même nom , toujours sur la commune de Saint-Jorioz,

Comme on le voit sur cette photo, ou bien évidemment je suis à ses côtés. En compagnie de mon Oncle Gaston, après avoir cassé manuellement la roche minée à l’aide de massettes, ils chargeaient tout deux, toujours manuellement le camion.

Tout l’empierrement en « pierre cassée » (on employait ce terme à l’époque) avant goudronnage de la totalité de la route communale de Lornard avait donc été livré avec le Ford que mon Père avait ingénieusement équipé d’une benne basculante.

Pour info: en 1967, les services des Ponts et Chaussées (devenus depuis Conseil Départemental) nous avaient demandé de « geler » l’emprise de cette carrière afin d’envisager la percement d’un tunnel sous le Semnoz dont la sortie se prévoyait à quelques centaines de mètres et aurait donc permis le prolongement du tunnel en encorbellement sur les hauts de Saint-Jorioz et de Saint-Eustache. avec prolongement éventuel par un tunnel court sous la montagne de Duingt.

Un très beau projet, audacieux et avant-gardiste, donc beaucoup plus réaliste que le projet actuel, avec sortie à Sevrier, qui ne solutionnerait en rien les problèmes de circulation au delà de cette commune……..

Désolé, ce blog n’accepte pas les images de mon jeune âge.

Bonne soirée et à demain pour la suite.

Les transports: ma passion 3

Je suis ici à proximité du camion Ford V 8 à essence de mon Père, à nôtre arrivée au moulin et en provenance de la Gare SNCF de Saint-Jorioz à laquelle nous avons déwagonné un chargement de blé.
En effet, à cette époque un train, à vapeur certes, mixte voyageurs-marchandises, desservait toutes les gares de cette rive de nôtre beau Lac d’Annecy, en direction d’Albertville.

Petite remarque: cette voie ferrée, aujourd’hui disparue, ne serait elle pas plus utile aux riverains et autres usagers qui passent des heures dans les bouchons??

Désolé, ce blog n’accepte pas les images de mon jeune âge.

Allez, bonne soirée et demain, j’aurai peut être autre chose à vous raconter…

Les transports: ma passion 2

J’avais 3 ans et voici la première preuve de ma passion innée, que mes parents avaient très bien compris en m’offrant en cadeau de Noël cette belle brouette, bien entendue remplie d’oranges et de papillotes, qui a donc été mon premier « véhicule » de transports.
A cette époque, nous avions toujours un jouet utile ou instructif à cette période très attendue de l’année. Par la suite, j’avais droit à chaque Noël à une boite du célèbre « Meccano » et je vous laisse deviner ce que je créai avec….

Allez, à demain si vous le voulez bien…..Bonne soirée.

Désolé, ce blog n’accepte pas les images de mon jeune âge.

Les transports: ma passion 1

Et bien oui, je suis né le 08 Mars 1945 avec le virus indestructible des camions, dans la chambre de mes Parents, à l’étage de nôtre maison familiale au Lieu-dit « les Moulins » à Saint-Jorioz.
On aperçoit à l’arrière plan le moulin à blé et à noix (huilerie)
de mon Père, fonctionnant à l’aide d’une roue hydraulique, alimentée par un bief issu du Laudon.

Moralité: à cette époque les gens ne parlaient pas d’écologie, ils étaient tout simplement logiques…

A demain pour la suite…….

On distingue très bien sur cette photo la vanne de régulation du bief qui alimentait la forge de Bernard Voisin et nôtre moulin, au niveau de la digue construite à cet effet sur le Laudon.